Sommet du G7 :
L’hôtellerie-restauration genevoise refuse d'être sacrifiée
Faisant suite aux décisions annoncées par le Conseil d’Etat lors de son point presse du jour, la Société des Cafetiers, Restaurateurs et Hôteliers de Genève (SCRHG), section genevoise de GastroSuisse, regrette l’absence de mesures concrètes de soutien aux entreprises, en général, et au secteur de l’hôtellerie-restauration en particulier. Nous appelons ainsi le Conseil d’Etat à ne pas attendre plus longtemps pour la mise en place d’un dispositif d’indemnisation.
Cette procrastination de l’exécutif est d’autant plus incompréhensible que nous avons écrit le 21 avril 2026 à Carole-Anne Kast, conseillère d’Etat en charge du Département des Institutions et du Numérique (DIN), pour demander les mesures suivantes :
- interdiction de toute manifestation durant la période du G7
- un mécanisme d’indemnisation dédié aux établissements qui subiraient des dommages matériels ou une perte d'exploitation consécutive aux mesures de sécurité ou aux troubles à l'ordre public. Ainsi que la prise en charge des coûts de sécurisation passive (palissades anticasseurs) engagés par les commerçants dans les zones à risque.
Nous n’avons malheureusement reçu aucune réponse de sa part, pas même un simple accusé de réception. Faut-il ainsi appeler à manifester pour avoir droit à l’écoute ? Que pouvons-nous répondre aux nombreux établissements du centre-ville lorsqu’ils nous disent se sentir abandonnés par les pouvoirs publics ? Ils méritent pourtant la même attention du Conseil d’Etat que les manifestants anti G7. Chose que le Grand Conseil a bien compris, de son côté, en votant le 20 mars 2026, la résolution R1086 demandant la mise en place d’un mécanisme de prévention des déprédations et d’indemnisation des entreprises.
De telles mesures sont d'autant plus indispensables que la majorité des polices d'assurance privées excluent de leur couverture les dommages résultant de troubles civils ou d'émeutes.
Sans un engagement clair de l'État, nos membres se verraient contraints d'assumer seuls des risques financiers majeurs, ce qui est inacceptable pour un secteur déjà fragilisé par le contexte économique actuel. Idem pour la perte de chiffre d’affaires en cas de fermeture préventive.
De même, la fermeture des douanes secondaires couplée au durcissement des contrôles douaniers par le Conseil fédéral va paralyser l'accès au canton. Pour de nombreux secteurs – restauration, hôtellerie, commerce de détail, transports et services –, ces restrictions se traduiront par une chute drastique du chiffre d'affaires et des ruptures logistiques inévitables. Qui va prendre en charge ces coûts ? Il est ainsi nécessaire de permettre, pour la période du G7, un accès étendu et sans délai aux indemnités pour Réduction de l'Horaire de Travail (RHT) pour les employés ne pouvant pas se rendre sur leur lieu de travail ou télétravailler.
Manifester contre la globalisation de l’économie et ses excès est une chose, détruire l’économie locale de proximité en est une autre. Nos établissements, déjà fragilisés par le contexte économique actuel, ne peuvent pas servir une nouvelle fois de variables d'ajustement.
A l’inverse, nous nous réjouissons de l’annonce du Conseil d’Etat autorisant la diffusion de la Coupe du monde de football masculine, dans les établissements publics, malgré les restrictions sécuritaires. Nous attendons maintenant que les communes jouent le jeu en autorisant à leur tour la diffusion des matches sur les terrasses.
Nous vous communiquerons les modalités d’ici la fin du mois, de même que les prochaines décisions relatives au dossier du G7 qui devraient être annoncées mercredi 20 ou 27 mai.
Dans l’intervalle, nous nous tenons à votre disposition pour toute question.
Simon Brandt Nicolas Perrenoud
Directeur Président
Dans l’intervalle, nous nous tenons à votre disposition pour toute question et vous invitons à prendre connaissance ici de la FAQ de l’État de Genève sur les enjeux autour de l’évènement.